Lieux écospirituels

Earthship Biotecture

Taos, Nouveau-Mexique, États-Unis

Le résumé d’une visite délirante dans l’univers farfelu des Earthships. Une découverte très prometteuse pour l’autonomie alimentaire et énergétique de l’être humain.

« Earthship ». Voilà un mot qui trotte dans ma tête depuis un bon bout de temps. Quand j’ai entendu parler pour la première fois de ces vaisseaux terrestres, j’ai su qu’il fallait absolument étudier ça de plus près…

Aujourd’hui et après plusieurs années d’attente, l’opportunité se présente enfin : nous sommes à Taos, lieu de naissance des premiers Earthships. Ces vaisseaux terrestres sont le résultat d’une vingtaine d’années d’études et d’expériences réalisées par Michael Reynolds, architecte américain. Ici, dans le haut-désert du Nouveau-Mexique, ils poussent comme des champignons. Il y en a plus de 60 étalés sur un territoire de 254 ha appartenant à « The Greater World Community ». Leurs formes, à la fois organiques et cosmiques confèrent une allure gaudienne à ces habitations d’un nouveau genre.

La philosophie des Earthships est la suivante : construire une maison autonome qui répond à tous les besoins de l’être humain. Autrement dit, ce n’est pas nous qui prenons soin de la maison mais la maison qui prend soin de nous ! Intéressant non ?  

Michael Reynolds a d’abord défini nos besoins comme les suivants :

  • Avoir de quoi boire et de quoi manger
  • Être au frais l’été et au chaud l’hiver
  • Traiter nos déchets
  • Générer de l’électricité
  • Vivre dans un environnement propre. 

Les Earthships sont des habitats autonomes qui répondent à tous ces besoins. Tout d’abord, ils sont fabriqués avec des matériaux recyclés : des pneus et des bouteilles en verre pour les murs extérieurs, des cannettes en aluminiums pour les murs intérieurs. Cela permet de nettoyer l’environnement de ces déchets qui se trouve en abondance un peu partout dans le monde. Les murs extérieurs sont recouvert de ciments pour résister aux intempéries, alors que les murs intérieurs sont recouvert d’un enduit terre pour une finition plus naturelle. Le tout permet d’isoler ces matériaux afin qu’ils n’émettent plus aucune pollution.

Ils sont aussi construits de façon à maximiser les ressources : la façade sud est une verrière qui chauffe l’habitat et permet de faire pousser fruits et légumes toute l’année (et même des champignons). La façade nord est recouverte de terre, conférant à l’habitat son inertie thermique. Le toit quant à lui, est fait d’acier et de polyéthylène pour récolter l’eau de pluie dans deux immenses citernes. On apprend que même dans ce désert, il tombe suffisamment d’eau pour abreuver les habitants et leur jardin d’Eden. Cette eau est d’abord traitée et rendue potable par une succession de filtres, avant d’être pompée vers la douche ou les robinets. Une fois évacuée, l’eau grise sert d’arrosage pour les plantes de la serre qui la filtrent. Elle est ensuite récupérée pour être acheminée dans la chasse d’eau. Utilisée une dernière fois, elle termine sa course dans une fosse sceptique qui se vide dans un bassin de phytoépuration.

Quelques panneaux solaires et une éolienne viennent s’ajouter à cette installation, conférant 1,8 kW d’électricité, convertie en courant alternatif, pour compléter l’autonomie énergétique de l’habitat. Les plus ambitieux ont même intégré un poulailler et une marre aquaponique dans leur vaisseau ! Ce concept architectural extrêmement bien pensé permet donc à ses habitants d’être autonomes sur bien des plans. 

Nous sommes convaincus par cette visite. Ce concept est tout à fait ce que nous recherchions, ou presque… On aimerait pousser la réflexion encore plus loin : des toilettes sèches à la place des toilettes classiques, une cave à la place du frigo, et de la terre-chaux à la place du ciment.

Tout cela nous fait grandement réfléchir sur les différents modes d’habiter l’espace et nous repartons, un peu rêveurs, vers notre nouvelle destination.

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