Carnet de voyage

Le grand départ

Le premier texte d’Hélène, qui marque son entrée sur scène et l’occasion de présenter ce qui la guide dans cette aventure.

Je rêve de ce moment depuis des mois, et l’ai souhaité si fort qu’il me semble aujourd’hui presque irréel. Ça y est, je suis diplômée, détachée, préparée, je suis libre de m’en aller cultiver les éclats de conscience nés de ma première grande aventure au Brésil. Là-bas, j’ai découvert que la vie sur Terre est un prodige, un mystère aux multiples formes dont nous sommes chacun les enfants. J’ai compris que je suis un esprit incarné, habitante d’un astre qui adopte finalement le même fonctionnement que mon propre corps. Nous sommes chacun les cellules de notre planète, ici pour prendre soin de soi et des autres au nom de l’ensemble.

Aujourd’hui tout va très vite, et les contraintes de la vie active prennent le dessus sur ce devoir pourtant essentiel. Notre espèce s’est donné le droit d’exploiter les autres, au point que son propre futur soi mis en question. Disparition des ressources, vivants et cultures, dérèglement climatique, migrations, montée de tensions à grande échelle… L’humanité glisse vers une nouvelle ère. Nous avons alors le choix : faire perdurer ce fonctionnement jusqu’au scénario Mad Max, ou ralentir pour réfléchir à la suite. Il ne s’agit pas de quelques bonnes résolutions, mais d’une véritable remise en question collective et personnelle. Je suis rentrée d’Amérique du sud convaincue par la paix, la satisfaction et la puissance qu’un tel changement avait généré en moi. J’ai alors décidé de me dédier à la prospection d’alternatives. Un mémoire est né de ce cheminement : Somos um, le bonheur dans un mode de vie plus simple. Somos um au Brésil, Ubuntu en Afrique du Sud, We are one un peu partout… Il existe de multiples façons de désigner la loi naturelle qui nous unit tous : je suis tout et je ne suis rien, car je fais partie de quelques chose de très grand. Ce premier ouvrage a interrogé des gens qui vivent autrement en France. Il réclame maintenant une suite.

Maman nous dépose Johnatan et moi au centre-ville de la bourgade de mon enfance. Des larmes coulent sur mes joues quand je la serre dans mes bras : chaque choix nécessite de laisser quelque chose en arrière. Nous nous mettons en route, mais dans la main, et les paroles attentionnées de John me redonnent tout de suite le sourire. Je ne suis pas seulement folle amoureuse de mon compagnon de route, j’admire également ce qu’il apporte au monde. Allier son projet au mien me rend profondément heureuse : en plus de nous engager pour nos convictions communes, nous commençons à construire ici notre propre légende. Celle qu’on racontera à nos petits enfants quand on sera vieux. Celle qui les inspirera pour prendre la liberté, à leur tour, de mener la vie qui les fait rêver et rayonner plein d’amour sur le monde.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *